En bref
- Le single leg attaque une seule jambe de l’adversaire, qu’on soulève ou qu’on bloque pour le déséquilibrer.
- Il se tente de plus loin qu’un double leg et s’enchaîne naturellement avec lui.
- La finition compte davantage que l’entrée : il en existe une dizaine de variantes.
- Contre la cage, il devient une amenée d’usure, souvent décisive sur la durée d’un round.
- Niveau conseillé : après avoir acquis le double leg et le sprawl.
Le single leg occupe une place à part dans l’arsenal du lutteur. Moins direct que le double leg, il pardonne davantage une entrée imparfaite, puisqu’il suffit de saisir une jambe, et il ouvre ensuite une succession de choix que les meilleurs lutteurs de l’UFC enchaînent sans temps mort, jusqu’à ce que l’adversaire, à force de sauter sur un pied et de défendre sa jambe, finisse par céder.
Le principe du single leg
On attaque une jambe, en général la jambe avant de l’adversaire, on la contrôle avec les deux mains, puis on le fait tomber en le privant de ses appuis. Contrairement au double leg, où l’on traverse l’adversaire, le single leg se joue sur l’angle : on sort de sa ligne pour le déséquilibrer vers le côté où il n’a plus de jambe pour se rattraper.
Les entrées
Depuis la distance
On change de niveau comme pour un double leg, mais le pas de pénétration se fait à l’extérieur de la jambe visée. La tête se place contre l’intérieur ou l’extérieur de la cuisse selon la variante. C’est l’entrée la plus classique en lutte olympique.
Depuis un coup
En MMA, beaucoup de single legs naissent d’un coup de pied rattrapé. L’adversaire lance un low kick ou un middle, on bloque la jambe contre le corps, et on se retrouve directement en position de single leg. C’est l’une des raisons pour lesquelles un frappeur qui affronte un lutteur hésite à lancer ses jambes.
Depuis le clinch
Au corps à corps, contre la cage, une main descend saisir le genou pendant que la tête pousse l’adversaire contre le grillage. C’est l’entrée la plus fréquente à l’UFC, parce que la cage réduit les possibilités de fuite.
Les finitions
La liste est longue, et chaque lutteur a ses préférences. Les plus utilisées en MMA :
| Finition | Mouvement |
|---|---|
| Le running the pipe | La tête contre la cuisse, on court en arc de cercle en tirant la jambe vers le bas |
| Le croc-en-jambe intérieur | On garde la jambe et on fauche la jambe d’appui avec son propre pied |
| La levée | On soulève la jambe à hauteur de hanche et on pousse l’adversaire en arrière |
| Le passage au double | L’adversaire défend en reculant, on lâche une main et on attrape la seconde jambe |
| Le changement de côté | On passe derrière la jambe pour attaquer le dos |
Le passage au double leg est le plus important à retenir. Un lutteur qui sait passer d’une attaque à l’autre oblige l’adversaire à défendre deux menaces à la fois, et c’est cette chaîne qui fait la différence au haut niveau. Les amenées de Khabib Nurmagomedov et de Merab Dvalishvili reposent sur ce principe : l’enchaînement plutôt que la réussite de la première tentative.
Le single leg contre la cage
Le grillage change la nature de l’amenée. L’adversaire, dos contre la cage, ne peut ni reculer ni sprawler. En revanche, il peut s’appuyer sur le grillage pour garder l’équilibre et mettre des coups de coude sur la tête de l’attaquant.
La réponse consiste à garder la tête haute, collée contre sa poitrine ou son épaule, à tirer la jambe à l’écart de la cage pour l’éloigner de son appui, et à alterner les finitions jusqu’à ce qu’il cède. C’est un travail d’usure, coûteux pour les deux combattants, mais qui rapporte des points aux juges même quand l’amenée n’aboutit pas, puisque le contrôle contre la cage entre dans les critères de notation.
Les défenses à connaître
Face à un single leg, trois réflexes :
- le sprawl, si l’attaque est repérée à temps, décrit en détail dans notre fiche sprawl ;
- le whizzer, un bras passé par-dessus l’épaule de l’attaquant pour écraser son dos et libérer la jambe ;
- la guillotine ou le contrôle de la tête, quand l’attaquant laisse sa tête à l’extérieur.
En MMA s’ajoute une défense propre au sport : les coups. Tant que l’attaquant tient une jambe sans finir, il reste exposé aux coudes et aux poings sur la tête.
Progresser sur le single leg
On l’apprend après le double leg, dont il reprend le changement de niveau et le pas de pénétration. Un cycle d’entraînement classique commence par l’entrée seule, répétée sans résistance, puis ajoute une finition, puis la chaîne vers le double, avant d’introduire la résistance du partenaire et enfin la cage.
La régularité compte davantage que la durée : dix minutes de répétitions à chaque séance font plus pour l’automatisme qu’une heure une fois par mois.
Questions fréquentes
Faut-il apprendre le single leg ou le double leg en premier ?
Le double leg, en général. Il pose les bases du changement de niveau et du pas de pénétration, que le single leg reprend ensuite.
Pourquoi le single leg est-il si utilisé contre la cage ?
Parce que l’adversaire ne peut pas reculer pour défendre, et que le contrôle contre la cage compte pour les juges même si l’amenée échoue.
Qu’est-ce que le running the pipe ?
Une finition de single leg où l’attaquant, la tête contre la cuisse de l’adversaire, tourne en arc de cercle en tirant la jambe vers le sol, jusqu’à ce que l’adversaire tombe sur le côté.
Peut-on attraper une jambe sur un coup de pied ?
Oui. Rattraper un low kick ou un middle et enchaîner sur un single leg est l’une des entrées les plus efficaces en MMA.

