En bref
- Le sprawl consiste à projeter les jambes en arrière pour écraser l’adversaire qui plonge sur vos jambes.
- La clé, ce sont les hanches : elles descendent vers le tapis, sur la tête et les épaules de l’attaquant.
- Il doit devenir un réflexe, déclenché dès que l’adversaire change de niveau.
- Il ouvre des contre-attaques : retour debout, prise de dos, guillotine, front headlock.
- Chuck Liddell en a fait l’arme principale de son style dans les années 2000.
Si le double leg est la première amenée au sol à apprendre, le sprawl est la première défense. On devrait les apprendre le même jour. Un combattant qui frappe bien mais ne sait pas sprawler finit au sol dès qu’il affronte un lutteur, et au sol le combat n’est plus le sien.
Le principe
L’adversaire plonge vers vos jambes. Vous ne reculez pas : vous projetez vos deux jambes vers l’arrière, les pieds écartés, et vous laissez tomber vos hanches vers le tapis. Votre poids se retrouve sur ses épaules et sur l’arrière de sa tête, ses bras n’atteignent plus vos jambes, et il se retrouve à plat ventre sous vous.
Le mot vient de l’anglais to sprawl, s’étaler. C’est exactement l’image : vous vous étalez sur lui.
Le mouvement, étape par étape
- Vous voyez l’adversaire changer de niveau : ses épaules descendent, sa tête passe sous votre ligne de garde.
- Vos mains descendent sur ses épaules ou sur sa nuque, pour bloquer l’entrée et sentir son mouvement.
- Vos jambes partent en arrière, larges, sur la pointe des pieds. Plus elles sont loin, plus il lui est dur de les attraper.
- Vos hanches tombent vers le sol, pas vers le ciel. C’est le point que les débutants ratent le plus : ils lèvent les fesses et laissent leur poids en l’air.
- Votre poitrine appuie sur son dos ou sur ses épaules. Vous le forcez à porter votre poids.
Un bras passe souvent sous son aisselle, ce qu’on appelle le whizzer en lutte, pour l’empêcher de remonter sur vos jambes.
Et après le sprawl ?
Un sprawl réussi n’est pas une fin en soi. Deux choix s’offrent à vous selon votre style.
Revenir debout
C’est l’option des frappeurs. Vous repoussez sa tête avec les mains, vous reculez d’un pas, et vous êtes de nouveau à distance de frappe. Au passage, l’adversaire s’est fatigué pour rien. C’est tout le style qu’on a appelé le sprawl-and-brawl, dont Chuck Liddell reste l’exemple le plus connu : défendre toutes les amenées, puis punir debout.
Contre-attaquer
C’est l’option des lutteurs et des grapplers. L’adversaire est à plat ventre, la tête sous votre poitrine :
- le front headlock, un contrôle de la tête qui prépare plusieurs attaques ;
- la guillotine, si sa tête est restée devant ;
- le passage dans le dos, en tournant autour de lui ;
- les coups, genoux au corps ou poings, selon les règles en vigueur.
Au sol, pensez aux règles : un genou à la tête d’un adversaire dont les genoux touchent le tapis est interdit par les règles unifiées.
Les erreurs qui coûtent un combat
| Erreur | Conséquence |
|---|---|
| Hanches hautes | L’adversaire garde ses bras sous vous et finit l’amenée |
| Jambes trop serrées | Il attrape une jambe et enchaîne sur un single leg |
| Sprawl trop tardif | Il a déjà les mains derrière vos genoux |
| Regarder ailleurs | Vous ratez le changement de niveau |
| Rester à plat, immobile | Il se relève en force, vous avez perdu l’avantage |
Le troisième point est le plus dur à corriger. Le sprawl doit partir dès le changement de niveau, pas quand l’adversaire touche vos jambes. C’est pour cela qu’il faut le répéter jusqu’à ce qu’il devienne un réflexe.
Les exercices qui automatisent le sprawl
- Le sprawl au signal : un partenaire ou un coach frappe dans ses mains, vous sprawlez et vous revenez en garde. Séries de 20 secondes.
- Le sprawl dans le shadow boxing : vous enchaînez vos coups, et toutes les quatre ou cinq combinaisons vous intégrez un sprawl.
- Le travail à deux, en alternance : l’un tire des doubles legs à vitesse moyenne, l’autre défend, on inverse après dix répétitions.
- Le sprawl contre la cage : même mouvement, mais le dos proche du grillage. C’est plus difficile, et c’est ce qui arrive en combat.
Un bon sprawl use aussi les jambes et le cardio, et on le retrouve dans la plupart des circuits de préparation physique des combattants.
Pour le travail au sol, un revêtement adapté limite les chocs sur les genoux et les pieds : nos tests de tatamis comparent les options pour club et maison.
Questions fréquentes
À quoi sert le sprawl en MMA ?
À défendre les amenées au sol qui attaquent les jambes, comme le double leg et le single leg. Il permet de rester debout ou de reprendre le dessus sur l’adversaire.
Le sprawl marche-t-il contre la cage ?
Moins bien, parce qu’on ne peut pas projeter les jambes aussi loin en arrière. Contre la cage, on combine souvent le sprawl avec des sous-crochets et un travail de mains pour se dégager.
Qui est le meilleur défenseur d’amenées au sol ?
Chuck Liddell est le nom qui revient le plus souvent, pour avoir construit toute sa carrière sur la défense des amenées au sol. Les statistiques officielles de l’UFC publient le taux de défense de chaque combattant, ce qui permet de comparer les générations.
Le sprawl est-il utile en self-défense ?
Oui. Face à quelqu’un qui cherche à vous saisir aux jambes, c’est le réflexe le plus simple pour ne pas tomber.

