Joe Pyfer soutient le bras de fer salarial de Sean Strickland mais juge la méthode de Nassourdine Imavov un peu ridicule. Le titre reste gelé.
Un titre gelé par l’argent
Sean Strickland détient la ceinture des poids moyens depuis sa victoire par décision partagée sur Khamzat Chimaev à l’UFC 328, le 9 mai 2026. Depuis, l’Américain refuse de signer un nouveau contrat et de fixer une date de défense tant que l’UFC n’a pas revu sa rémunération. Il a évoqué publiquement la possibilité de laisser sa ceinture vacante, de terminer son contrat chez les mi-lourds, puis de se tourner vers la boxe, avec un combat face à Jake Paul comme option citée. Début octobre, il avait déjà réclamé un duel de boxe contre Jai Opetaia, demande à laquelle Dana White avait opposé une fin de non-recevoir. Le prochain grand rendez-vous de la division, l’UFC 335 du 12 décembre, a été annoncé sans lui.
Imavov hausse le ton
Nassourdine Imavov revendique le statut de prétendant obligatoire au titre. Le Français est classé numéro 3 chez les poids moyens et reste sur cinq victoires de suite : Roman Dolidze en février 2024, Jared Cannonier par KO technique en juin 2024, Brendan Allen par décision unanime en septembre 2024, Israel Adesanya par KO technique en février 2025, puis Caio Borralho par décision unanime en septembre 2025. Le 7 octobre, il a interpellé Sean Strickland en personne devant le UFC Performance Institute de Las Vegas, lui demandant pourquoi le contrat du combat n’était toujours pas signé. Il a proposé de couvrir lui-même un manque à gagner de 500 000 dollars et a demandé à l’UFC de retirer la ceinture à Strickland s’il continue de refuser le combat. Des proches des deux hommes sont intervenus avant que la sécurité de l’UFC ne retienne Imavov. Strickland a qualifié l’épisode de cringe sur X, s’est demandé pourquoi Imavov l’avait attendu au Performance Institute plutôt que dans leur salle d’entraînement commune, et a suggéré un coup de communication. Les deux hommes se sont déjà affrontés, en janvier 2023, dans un combat organisé à la dernière minute chez les mi-lourds : Strickland l’avait emporté par décision unanime.
Pyfer, soutien et critique en même temps
Interrogé le 16 octobre dans l’émission Red Hawk Recap de Tim Welch, Joe Pyfer, classé numéro 6 chez les poids moyens, a pris la défense de la position salariale de Strickland. Il a dit la respecter, estimant que Strickland connaît sa valeur, et a jugé que les combattants de l’UFC se battent pour des miettes comparés aux 15 millions de dollars garantis qu’aurait touchés Conor McGregor. Le lendemain, Pyfer a toutefois estimé que tout ce cinéma autour d’Imavov est un peu ridicule, rappelant que Strickland l’a déjà battu une fois et que c’est Imavov qui réclame la revanche, pas l’inverse. Il reconnaît toutefois que Strickland est difficile à toucher et que seul Dricus du Plessis y est vraiment parvenu, avant de dire qu’il penche malgré tout pour Imavov dans un éventuel face-à-face.
Un prétendant de plus pour le titre
Pyfer s’est positionné comme une option si la situation reste bloquée, se disant prêt à affronter Imavov pour un éventuel titre intérimaire. Il a par ailleurs expliqué préférer voir Imavov obtenir sa chance plutôt que Khamzat Chimaev, qui réclame une revanche immédiate après avoir perdu la ceinture en mai. Chimaev n’avait régné que neuf mois sur la catégorie, après l’avoir conquise face à Dricus du Plessis par décision unanime à l’UFC 319 en août 2025, avec un record de 529 coups significatifs portés, avant de la céder à Strickland. Pour Pyfer, Chimaev doit d’abord régler ses soucis de santé avant d’envisager un retour rapide, et il dit ne pas connaître précisément sa situation médicale. Ni l’UFC ni Imavov n’ont répondu publiquement aux déclarations de Pyfer à cette heure. Dana White n’a pas non plus commenté l’hypothèse d’un titre intérimaire.
Et maintenant ?
Aucune date de combat n’est fixée entre Strickland et Imavov, et l’UFC n’a pas communiqué sur une issue au différend salarial. La situation laisse la division des poids moyens sans tête d’affiche claire pour les prochains mois, avec trois noms qui se disputent la priorité : Imavov, mandataire revendiqué, Chimaev, ancien champion éclair en quête de revanche, et désormais Pyfer, qui se propose comme arbitre et comme challenger de secours. Le classement UFC des poids moyens reste le repère à suivre pour mesurer l’effet de cette situation sur la hiérarchie de la catégorie.




